Un arbre universel, le grenadier

Le grenadier a démarré sa carrière plus de 2000 ans avant notre ère, en Perse. Il a ensuite emprunté la route de la soie, essaimant en Afghanistan, en Chine et s’implantant jusqu’au Japon.  Un végétal nomade! Versant ouest, les conquistadors espagnols l’introduisirent quant à eux aux Amériques et aux Antilles d’où le nom des îles Grenadine. Aujourd’hui le grenadier  attaque les Etats Unis grâce aux vertus puissantes de ses fruits et devient un des premiers pays producteurs.  Le grenadier est certainement l’arbre le plus ancien cultivé pratiquement partout sur Terre.

Un arbre sacré chargé de croyances

A force de voyager, forcément, le grenadier a suscité de nombreuses légendes. Ainsi, certains pensent que l’arbre de la connaissance de l’Ancien Testament serait…notre grenadier! Eve aurait dégusté une grenade et non une pomme. Les Egyptiens l’avaient associée à la vie éternelle et à la fécondité et les grenades entraient comme offrandes funéraires dans leurs tombeaux.

Au VIIème siècle, les Mèdes et les Perses défilaient devant leur souverain en tenant fleur et fruit du grenadier. La grenade était censée rendre les soldats invincibles.  Dans l’Antiquité de nombreuses déesses étaient représentées avec des grenades symbole de fertilité.Mais ce sont les trois religions monothéistes, la Torah, la Bible et le Coran qui lui portèrent un véritable culte. Pour les Hébreux, les 613 grains qui composent la grenade représentent les 613 commandements du livre sacré. Elle symbolise en outre l’unité du peuple juif et la Terre d’Israël. Le roi Salomon quant à lui raffolait tant des grenades qu’il en fit planter dans tous les vergers.  

Pour les Chrétiens le fruit du grenadier matérialise le Paradis, tandis que pour les Musulmans elle luterait contre la haine. Curieusement au Moyen-Age, la grenade devient un attribut de la Madone. En Chine elle est la promesse d’une nombreuse descendance et est érigé en fruit sacré dans le Bouddhisme. De nos jours, la grenade est devenue l’emblème de l’Arménie. Plus qu’un arbre, le grenadier est un concentré de l’histoire de l’humanité.

Mais la grenade a aussi son côté obscur et ce fruit de vie a donné son nom à une arme de guerre redoutable qui éclate en milliers de grains semant la mort.

Petit précis de sémantique
Vous avez dit grenade? En russe vous diriez Granat, Granatapfel en allemand, pomegranata en anglais, rödi en grec, anâr en iranien, zakuro en japonais et rimen en hébreu. Il apparaît en France sous le nom de « pume grenate » en 1175 pour devenir grenade en français en 1314.

Arbre ou buisson?

Avec ses branches tortueuses et ballantes qui atteignent jusqu’à 6 m d’envergure, le grenadier n’a rien d’un arbre extraordinaire. Il offre un visuel plutôt chétif à la cime dégarni. Pour compléter ce portrait, des épines se cachent sous ses feuilles. Pas sans risque de cueillir le fruit du Paradis! En revanche, il est le roi de la longévité avec une croissance certes lente, mais une espérance de vie de plus de 200 ans.

Le grenadier fait partie de l’illustre famille des punicacae, nom donné par les Romains qui pensaient que l’arbre était originaire de Carthage d’où le nom de « pomme punique ». Seules deux espèces sont recensées, le puntopunica, l’espèce d’origine et le granatum, le grenadier d’aujourd’hui.

Mieux vaut habiter en zone méditerranéenne pour avoir le plaisir de déguster des grenades. Même si l’arbre est peu exigeant, il apprécie les terres d’alluvion et contrairement à la plupart des autres arbres fruitiers ses pieds doivent rester humides et sa tête au soleil. Il s’adapte à tout, sauf au vent et il faut choisir un espace abrité pour le planter. Ses feuilles caduques sont petites, lisses et agrémentées de fleurs hermaphrodites rouge carmin à l’aspect chiffonné. Aux premières pluies automnales ses feuilles se teignent de rouge et tombent simultanément laissant un arbre entièrement dénudé.

Vous pouvez bien sur vous rabattre vers un grenadier à cultiver en bac (Punica Granatum Nana). Ce mini arbre produira de min fleurs orangées qui à leur tout donneront de mini grenades. Pour être sûr de voir s’épanouir de nouvelles fleurs au printemps, une taille sévère est plus que recommandée.

Où s’en procurer?

Mes arbustes : vous trouverez  sur ce site de multiples variétés de grenadiers, dont « Mollar de Elche », originaire d’Espagne mais avec une bonne rusticité (5,99€), « Punica Granatum Nana », idéal en pot ou en bonzaï (4,99€) ou grenadier « Granatum Provence » à gros fuits (5,99€).

Pépinière du Bosc : Rémi COLICCI et Virgine MARTEL ont sélectionné 15  variétés de grenadiers. Sur leur site, chaque variété est détaillée, précisant aussi bien leur rusticité que la qualité gustative des grenades. Un coup de coeur pour « Fleishman », originaire de Californie aux formes harmonieuses et « Hermione », le seul grenadier AOP.

François DROUET : publie des informations précieuses pour réussir la culture des grenadiers. En analysant sa propre expérience il nous livre des conseils avisés. Le site est en plus agrémenté de belles photos qui donnent envie de s’initier à la production de cet arbuste. A lire et à relire sans modération.


ID CARD

Nom scientifique : Punica granatum
Variétés résistantes au froid : Grenadier de Provence et Mollar de Elche
Autofertiles
Exposition : ensoleillée
Période de récolte : de novembre à février

Author: Sandrine

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