L’extraordinaire voyage d’un botaniste en Perse

Qui ne s’est jamais demandé comment on voyageait au XVIIIème siècle? Quelle trace peut laisser un botaniste du siècle des lumières sur nos connaissances actuelles de la flore européenne? Vous découvrirez les conditions d’un voyage en Orient hors norme en lisant L’extraordinaire voyage d’un botaniste en Perse raconté par Régis Pluchet.

C’est histoire d’un voyage en Perse…

En ce début d’année 1782, un certain André Michaud, sous la protection de Louis XVI et grâce aux finances du frère du roi, entame un palpitant voyage qui le mènera en Perse pendant une période d’instabilité politique en Europe mais aussi au Moyen-Orient. Il lui est confié une double mission, celle de ramener des plantes ornementales pour agrémenter les jardins de Marie-Antoinette mais aussi des végétaux utiles à la science et à l’industrie.

L’auteur, arrière petit-neveu d’André Michaud retrace ce périple encore méconnu. On lit L’extraordinaire voyage d’un botaniste en Perse comme un roman policier. Si l’ouvrage est directement inspiré des récits du botaniste, Régis Pluchet y mêle habilement des sources documentaires de l’époque. Le résultat est d’autant plus déroutant que sous nos yeux s’animent des personnages connus comme le Consul Rousseau, né à Ispahan et parent du célèbre philosophe, mais aussi les fondateurs du célèbre jardin des plantes de Paris.

Plus qu’un ouvrage sur les plantes de la région, l’auteur nous livre des informations ethnologiques précieuses sur les peuples rencontrés. Michaud traverse la Turquie, est fait prisonnier d’une tribu arabe, guérit le shah de Perse d’une grave maladie. Il nous plonge ainsi dans l’orient des dynasties des Ottomans, des Kadjars perses et de l’éternelle rivalité entre les Turcs, les Arabes et les Perses. Déjà pourrait-on dire?

Le berceau de nos plantes

André Michaud atteint  finalement la Perse par le sud, Chiraz, Ispahan, Qazvin pour rejoindre les rives de la mer Caspienne tout au nord du pays. Terre d’origine de nos plantes et fruits, le Moyen-Orient et l’Iran en particulier regorge d’une canopée inégalée. C’est ce que découvre le botaniste.

De ce périple, Michaud ramène plus de 400 espèces de plantes. Il découvre un orme du nom de Zelkova qui s’épanouit spontanément au nord de la Perse, à Rhascht dans la province de Gilan. Il est le premier Européen à le décrire et à recommander sa transplantation sous nos latitudes. Le Zelkova est aujourd’hui l’arbre qui agrémente nos parcs et forêts.

« Dans les plaines (de Perse), on trouve des cultures de riz, de blé et autres céréales. Nos arbres à fruits, nos plantes potagères, nos fourrages artificiels, nos fleurs d’ornement sont originaires de ces contrées. »

Champ de riz nord Iran

Champ de riz nord Iran

Il est aussi à la découverte d’une rose qui portera son nom Rosa persica Michaud. Un véritable hommage pour ce botaniste intrépide et passionné.

Un zeste de déception

Curieusement, l’épopée persane est assez courte, nous laissant sur notre faim. Certes, l’auteur nous dresse le portrait des Perses de l’époque, mais finalement peu sur les découvertes botaniques. L’épilogue est encore plus déroutant car l’aventure se termine au Etats-Unis où Michaud achève sa carrière de botaniste. Plus qu’un ouvrage sur la botanique ou les plantes, L’extraordinaire voyage d’un botaniste en Perse est avant tout un récit historique.

A conseiller à des amateurs de récits historiques plutôt qu’à des amateurs de botanique.


lextraordinaire-voyage-dun-botaniste
L’extraordinaire voyage d’un botaniste en Perse
André Michaud 1782-1785
Edition Privat
2014, 228p
ISBN 978 2 7089 17774
18,50€

 

Author: Sandrine

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