Le jardin joyau de Bagh e-fin

Le terme Paradis viendrait de l’ancien persan qui signifierait Jardin. C’est donc au coeur d’un paysage aride, à 8 km de Kashân en plein plateau iranien que je vais vivre ma première expérience biblique. A quoi ressemble le paradis? Un jardin aux plantes exubérantes illuminées de fleurs chatoyantes? Des milliers d’oiseaux au chant magique? Des cascades d’eau qui se terminent en lacs rafraîchissants?

L'entrée du jardin Bargh e-fin

L’entrée du jardin Bagh e-fin

Calme et mysticisme

Alors bien sur, en franchissant les murailles qui encerclent Bagh e-fin j’éprouve une pointe de déception.  Le jardin que j’imaginais gigantesque est de taille moyenne, les fleurs sont communes, les buissons mal taillés. Des lianes de vignes grimpent le long des arbres. Rien d’exceptionnel si ce n’est cette oasis de verdure en plein désert. Mais la beauté ici n’est pas visuelle. Le charme exceptionnel de ce jardin célèbre réside dans le calme et l’harmonie qui y règnent. Dans une atmosphère, dans l’alignement d’un bassin.  Ici, le bleu et le vert de l’eau se mélangent au bleu du ciel et au vert des végétaux rappelant l’unité de l’univers. Bagh e-fin est un poème végétal, une ode à la spiritualité.

Bagh e-fin a été aménagé autour de la source naturelle Soleymanieh qui irrigue cette terre désertique depuis des millénaires. Quadrillé de plusieurs bassins agrémentés de canaux, ils sont alimentés par un système que quanats. La pression de l’eau est si forte que nulle pompe n’est nécessaire pour remplir les bassins. Car à Bagh e-fin comme dans tous les jardins d’Iran, l’eau ne jaillie pas des fontaines mais se confond avec le paysage pour apporter fraîcheur et vie.

  Jardin de mémoire

Symbolisant la Perse ancienne, Bagh e-fin a été édifié sous le règne de Shah Abbas (1588-1629). L’enceinte du jardin a été agrandie sous celui de Fath Ali (1799-1834) mais a été laissé à l’abandon jusqu’en 1935.

Bien qu’inscrit sur la liste des monuments historiques iraniens, il faudra attendre 2011 pour que l’UNESCO l’inscrive au patrimoine mondial.

Meurtre dans un  jardin persan

Bagh e-fin abrite aussi un ravissant pavillon datant de l’époque safavide. Un hamam aux mosaïques bleues rappellent le culte des Iraniens pour la pureté et l’eau. Mais la curiosité est ailleurs. Le pavillon abrite la reconstruction du meurtre de Mirza Taghi Kan (Amir Kabir), premier ministre qui tenta d’engager l’Iran sur la voie de la modernité. La reconstitution est précise, avec des mannequins vêtus de costume d’époque. Un réel contraste entre le raffinement extérieur et cette mise en scène. Mais le paradis n’a-t-il pas été entaché de sang?

Quand s’y rendre

Kashân est située entre Téhéran et Esfahan et accessible en voiture. A Kashân, les 40°C de la période estivale sont tout à fait supportables même en tenue islamique pour les femmes. Pour apprécier la fraîcheur des canaux, préférez une découverte en fin d’après-midi. Vous y croiserez les Iraniens qui apprécient cette promenade. C’est aussi l’heure idéale pour prendre des photos.

Entrée payante
Ouvert de 8H à 17H et jusqu’à 19H l’été
Toilettes publiques (propres)

Author: Sandrine

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1 Comment

  1. ça donne envie d’y faire un tout

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