Le jardin du Golestan, le pays des fleurs

Il est difficile d’imaginer que Téhéran est une ville tentaculaire, presque démente par son gigantisme, ses embouteillages montres, sa pollution récurrente et son urbanisme défaillant. En moins de deux siècles, ce petit village est devenue la capitale de l’Iran, mégalopole moderne en perpétuelle construction.

Téhéran n’est pas une cité agréable pour le touriste mais offre des îlots décalés, dont le Palais du Golestan, trésor architectural dans un écrin de verdure. Coincé entre la fièvre du grand bazar et la place Khomeiny, proche de nombreux bâtiments administratifs (interdits de photographier) et du quartier des costumes pour hommes, ce site historique peu prisé des Téhéranais est pour le touriste iranien ou venant de l’étranger un havre de calme et de luxe à ne pas manquer.

Le kitsch made in persia

Le Golestan est en fait composé d’un ensemble d’enceintes édifiées à des époques différentes par des souverains successifs. Parmi les plus remarquables à visiter :

  • Emarat Badgir (le palais des tours du vent) tient son appellation des deux tours rectangulaires qui abritent un ingénieux système de ventilation utilisant le vent pour rafraîchir les bâtiments l’été. Ces tours sont reconnaissables par leur décoration de briques jaunes et turquoises émaillées.
  • Shams-ol Emareh (Le palais du soleil) aux influences européennes a été construit en collaboration avec des ingénieurs français et autrichiens. Ce bâtiment abrite une bibliothèque riche en archives datant de la royauté. Aujourd’hui vous pouvez vous désaltérer dans les sous-sols transformés en buvette.
  • Tahar e berelian (salle brillante) est une salle d’apparat entièrement recouverte de miroirs ouvragés dont les reflets se multiplient à l’envi. L’omniprésence de ces miroirs défie le champ visuel et perturbe l’équilibre du visiteur. La salle de réception où sont prostrés des mannequins vêtus de costumes d’époque abrite des meubles de facture européenne assez inattendu.

 Palais sous influence

Construit à l’origine pas la dynastie safavide, il est fait d’ajouts successifs témoignages de la volonté politique de chacun des souverains. L’héritage de Naser ed-din Shah (1848-1890), très influencé par l’occident combine style persan et modernisme occidental à une époque de modernisation de la société iranienne. Un syncrétisme entre l’est et l’ouest. Reza Shah Pahlavi quant à lui détruisit une partie des édifices pour laisser place à des bâtiments administratifs. Son fils, le dernier Shah d’Iran, voulut s’affranchir des anciens souverains et préféra le nord la capitale pour y construire ses résidences. Le Palais n’était plus utilisé que pour des réceptions officielles.

Le jardin lieu de vie

Le jardin du Palais du Golestan à l’image du jardin persan. Il fait parti de l’éco système et intimement lié à l’environnement. Celui du Golestan a été choisi par sa proximité de la montagne et de l’eau qui s’y déverse. Bien que le jardin ait perdu de sa superbe sous le règne du dernier Shah d’Iran, il reste l’essence même du jardin persan : les plans d’eau.

Visite incontournable à Téhéran
Station métro : Panzadeh ou Khordad
Attention, un ticket différent par secteur. Suggestion : pourquoi pas un billet global? Le visiteur s’y perd avec tous ces bouts de papiers.
Photos interdites dans les bâtiments abritant pourtant peu d’oeuvres d’art.

 

 

 

Author: Sandrine

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