La belle tubéreuse

Bien qu’originaire du Mexique, les premières tubéreuses furent introduites en Provence au 17ème siècle par un certain M. Peyresc lors d’un de ses voyages en Perse. La tubéreuse fit les beaux jours des jardins de Grasse jusqu’au 19ème siècle. Elle est aujourd’hui essentiellement produite en Inde pour être transformée en parfum.

Une apparence hybride

Sa beauté n’est pas le premier de ses atouts. Encore que… Sa tige se dresse droite avec des feuilles dispersées en rosette au pied de la plante. A son extrémité s’érige en épis une trentaine de fleurs tubulaires blanches, épaisses et cireuses, s’ouvrant du bas vers le haut. Ces inflorescences sont si lourdes que sa silhouette gracile semble défier en permanence les lois élémentaires de l’apesanteur.  Côté look, la tubéreuse, à mi-chemin entre l’agave et le cactus, exprime ses influences amérindiennes.

La fleur du mal

Vous l’avez compris, cette racine fleurit est surtout exceptionnelle par son parfum vaporeux, voluptueux, capiteux, pénétrant. C’est ce parfum envoutant qui ne laisse personne indifférent. On adore ou on déteste. 

Riminiscence

Les parfumeurs eux, l’ont adoptée depuis longtemps. Avec son odeur florale au début puis ambrée en note de cœur, la tubéreuse offre aux nez les plus célèbres une fragrance jasminée, orangée, fruitée, miellée avec en plus un arrière-goût de noix de coco. Rien que ça. Vous ne le savez peut être pas, mais sa note sauvage entre dans la composition de parfums renommés chez Dior, Caron, Serge Lutens,  Réminiscence, l’Artisan parfumeur et bien d’autres.  Son caractère sauvage est largement plébiscité en cosmétique.

Une fleur à décrypter

Par son parfum tenace, la tubéreuse symbolise le désir et les plaisirs dangereux. En Italie il était interdit aux jeunes filles de se promener dans les jardins où poussaient les tubéreuses car elles n’auraient pu rester aux jeunes gens. Car la tubéreuse est une fleur sensuelle, insaisissable, troublante. En Inde du sud elle est offerte aux dieux. Les Aztèques quant à eux la cultivaient pour son huile essentielle qui servait à parfumer leur chocolat. Plus près de nous, si le calendrier républicain était toujours utilisé, le 5ème jour de mois de fructidor s’appellerait tubéreuse !!!

Sea, sun and sud

Tubéreuse La perle (2)

La tubéreuse appartient à la famille des amaryllidacées. Plante herbacée à bulbe, sa courte production s’étale de juin aux premières gelées. Comme toutes les plantes exotiques sa meilleure exposition est plein sud. Si elle se plait en pleine terre, je vous suggère une culture en pot, avec deux précautions, la tubéreuse déteste changer de place et éviter de placer votre pot sous votre fenêtre car son odeur intense se répand de jour comme de nuit.

Sa croissance est lente, très lente, ne soyez surtout pas impatient. Le bulbe ne fleurit qu’une seule fois, à son gré. La multiplication se fait par division des rejets en prenant soin de les laisser quelque temps en dehors de la terre avant de les planter. Ils repousseront l’année suivante. Perso, je laisse la mienne à l’extérieur plein sud bien couverte et elle repart dès la mi-avril.

 

ID CARD

Famille des amaryllidacées
Nom latin : polienthes tuberosa
Plante vivace, herbacée à bulbe
Plantation entre avril et juin
Idéal pour la maison : terrasse, balcon, véranda mais à éloigner des fenêtres !!
Prévoir un tuteur car la tige est cassante en cas de vent
Culture difficile en dehors des régions chaudes mais pas impossible si exposition sud

Author: Sandrine

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